Archimoi
06/02/2005 à 19:11
LA VIEILLE FEMME GRINCHEUSE
Que vois-tu, toi qui me soignes,
Que vois-tu ?
Quand tu me regardes, que penses-tu ?
Une vieille femme grincheuse, un peu folle,
Le regard perdu, qui n’y est plus tout à fait,
Qui bave quand elle mange et ne répond jamais,
Qui, quand tu dis d’une voix forte « essayez » ,
Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais
Et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas,
Qui, docile ou non, te laisse faire à ta guise,
Le bain et les repas pour occuper la longue journée grise.
C’est ça que tu penses, c’est ça que tu vois ?
Alors ouvre les yeux, ce n’est pas moi ;
Je vais te dire qui je suis, assise là, si tranquille,
Me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu veux.
Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère,
Des frères et des sœurs qui s’aiment entre eux,
Une jeune fille de 16 ans, des ailes aux pieds,
Rêvant que bientôt elle rencontrera un fiancé.
Mariée déjà à 20 ans. Mon cœur bondit de joie
Au souvenir des vœux que j’ai faits ce jour-là.
J’ai 25 ans maintenant et un enfant à moi,
Qui a besoin de moi pour lui construire une maison.
Une femme de 30 ans, mon enfant grandit vite,
Nous sommes liés l’un à l’autre par des liens qui dureront.
40 ans, bientôt il ne sera plus là,
Mais mon homme est à mes côtés, qui veille sur moi.
50 ans, à nouveau jouent autour de moi des bébés ;
Me revoilà avec des enfants, moi et mon bien-aimé.
Voici les jours noirs, mon mari meurt.
Je regarde vers le futur en frémissant de peur
Car mes enfants sont tous occupés à élever les leurs,
Et je pense aux années et à l’amour que j’ai connu.
Je suis vieille maintenant, et la nature est cruelle,
Qui s’amuse à faire passer la vieillesse pour folle.
Mon corps s’en va, la grâce et la force m’abandonnent,
Et il y a maintenant une pierre, là où jadis j’eus un cœur.
Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure
Dont le vieux cœur se gonfle sans relâche.
Je me souviens des joies, je me souviens des peines,
Et à nouveau je sens ma vie et j’aime.
Je repense aux années trop courtes et trop vite passées,
Et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer.
Alors ouvre les yeux, toi qui me soignes, et regarde
Non la vieille femme grincheuse, Regarde mieux, tu me verras !
Ce poème a été trouvé dans les affaires d’une vieille dame irlandaise après sa mort.
Service Gériatrie CHG dieppe.- Extr. « La revue de l’infirmière »
J'en ai des larmes... :*(
Le texte est touchant, c'est vrai :*(
Dommage que ça ne soit pas très bien écrit (ou mal traduit ?) :?
Archimoi
06/02/2005 à 19:36
:? C'est vrai
On va dire mal traduit sans doute... :?
C'est vrai lorsqu'on est jeune, ces choses là ne nous effleure même pas...
Magic Manu
06/02/2005 à 22:50
Il semblait me souvenir que
Catz me m'avait déjà fait lire, mais où

!?
Archimoi
07/02/2005 à 15:41
Une autre du même ton...
Ma Maison…
Ma Maison…
Elle était jolie cette maison que j’habitais depuis tant d'années…
Son toit brun, ses deux grandes fenêtres au travers desquelles on pouvait voir tout ce qui se passait à l’extérieur…
Mais... je ne m’y sentais pas bien.
Bien sûr, dans mon enfance, je ne voyais pas bien l’intérieur,
Je ne me préoccupais pas de l’enjoliver, ni d’apprécier ses beautés,
Pendant longtemps, j’y étais presque insensible, j’y vivais par habitude…
Lorsque quelqu'un me faisait remarquer qu'une décoration était plus ou moins jolie, je n’y portais pas attention… ou plutôt, je ne voulais pas y porter attention, je la cachais ou bien je ne la regardais plus…Je vivais dans ma maison comme un automate.
Lorsque quelqu'un me complimentait sur une pièce particulièrement agréable, je rougissais, disant que ce n'était rien, juste une illusion... Puis un jour, cette maison qui m'était auparavant si familière
me devint tout à coup, je ne sais pour quelle raison, inhabitable... Je la détestais, je la fuyais, je ne lui trouvais plus rien de beau.
Elle me faisait mal et je lui faisais mal. Je la sentais presque hantée, comme habitée d'une maladie que je croyais incurable.
Et j’avais beau fuir, cette maison me suivait...
Je la voyais si laide que je pensais qu'elle n'avait plus le droit d'exister...
Longtemps, j’ai fait mal à ma maison, jusqu'au jour où, sur mon chemin, j’ai croisé des décorateurs, des spécialistes en intérieur...
Je les ai laissé entrer dans ma maison que je trouvais si laide, et qu'ils ont trouvée belle...
Ils m’ont fait ressortir les plus belles décorations que j’avais cachées au plus profond de mon sous-sol.
En plus de les avoir oubliées, lorsque je les ai ressorties, j’ai eu peine à croire que ces petites choses qui rendent la vie si belle m’avaient déjà appartenu...
Puis, je me suis mis au travail et avec l‘aide de ces décorateurs hors-pairs, j’ai fini par trouver de belles choses pour ma maison...
Et j‘ai enfin pu accepter de les accrocher bien en vue, non pas pour les montrer aux autres dans le but de faire envie, mais bien plus pour les voir et les admirer moi-même.
Quelle satisfaction que de redécouvrir la beauté intérieure de ma maison…
Cette maison n’a pas d'adresse et ne coûte pas un sou à chauffer...
J’y habite seul, mais j’y ai beaucoup de visites puisque maintenant, je laisse les portes ouvertes ; j’ai jeté le cadenas qui les a maintenues fermées si longtemps...
Cette maison n’a pas d‘adresse, mais elle a un nom, elle s’appelle : MOI...
…cette maison que j’ai détestée et à laquelle j’ai fait si mal, c'était moi...
Je me suis longtemps cru plein de défauts et dépourvu de toutes qualités. mais grâce à ces gens qui ont croisé mon chemin, j’ai réappris à m’aimer et à décorer mon intérieur.
Je ne fais que commencer à réparer ma maison intérieure...
Je souhaite que lorsque j'aurai enfin terminé et qu’à nouveau, je me sentirai parfaitement bien dans ma maison, je devienne
moi-même décorateur afin d’aller aider d’autres personnes
qui n’aiment pas leur maison.
Je ne fais que commencer... la route sera longue, mais bien entourée, elle me semblera plus facile…
(auteur inconnu)