CITATION(AFP)
Délinquance: la Lozère s'amuse de son bonnet d'âne
MENDE (AFP) - Guère habitués à occuper la Une des médias nationaux, les Lozériens ont hésité entre incrédulité et hilarité quand ils ont appris la convocation vendredi de leur préfet pour expliquer à Paris l'augmentation de 19% des actes de délinquance en août par rapport à 2001.
"Le pays n'est pas à feu et à sang", s'empresse de rassurer un journaliste local. De fait, les chiffres restent modestes avec, selon la préfecture, 284 actes de délinquance -des "dégradations de voitures pour l'essentiel"- contre 238 en août 2001.
La Lozère, peuplée de 75.000 habitants, est pourtant désignée par le ministère de l'Intérieur comme un des mauvais élèves d'août avec quatre autres départements ruraux, que d'aucuns auraient pu croire paisibles: l'Ardèche, l'Ariège, le Cantal et la Marne. "Il ne manque que la Creuse", ricane un gendarme.
"J'ai appris que la délinquance flambait", s'étonne un magistrat de Mende qui n'a constaté que "des faits d'une banalité extrême". En 2002, il n'y a toujours pas eu de vol avec violence ni, a fortiori, de crime de sang.
L'augmentation ne saurait s'expliquer par le manque d'hommes (la Lozère est très bien lotie, selon un policier), ni le laxisme ("Ici c'est la tolérance zéro", selon un magistrat). Trois hommes ont été récemment condamnés à quatre mois ferme pour le vol de six bouteilles de champagne. En 2002, quarante personnes ont été jugées en comparution immédiate contre six en 2001.
Selon les enquêteurs, les statistiques d'août s'expliquent notamment par la résolution d'une escroquerie (25 chèques volés donc 25 procédures) et l'arrestation d'un pyromane, soupçonné de dix incendies dont un grave.
Des enquêteurs se souviennent également de vols de pots de basilic et de planches de poulaillers ou de larcins dont le préjudice s'élève à "un ou deux euros". Autant de cas qui devaient être portés vendredi à la connaissance du ministre de l'Intérieur.
A Florac, trente vols dans des voitures ont soulevé l'émoi. Mais "les gens continuent à laisser le moteur tourner quand ils vont chercher le pain", selon un policier qui ironise: "J'ai demandé ma mutation de banlieue parisienne pour être tranquille et voilà que j'apprends que la délinquance explose".
"C'est vrai que le vol de téléphone portable a connu une augmentation dramatique", concède un gendarme. Qui poursuit: "Il y a cinq ans, on n'en avait pas, puisque les communications ne passaient pas".
Un enquêteur se veut optimiste pour l'avenir lozérien: "L'an prochain, les chiffres vont baisser de 50%. Comme ça on montera à Paris se faire tresser des lauriers". La recette miracle? "On ne va plus prendre les plaintes pour les histoires de m...".
La Lozère devrait se consoler avec des statistiques exceptionnelles en matière de délinquance sexuelle (16 plaintes en 2001, aucune en 2002 soit -100%): l'agresseur présumé des seize femmes a été arrêté.
MENDE (AFP) - Guère habitués à occuper la Une des médias nationaux, les Lozériens ont hésité entre incrédulité et hilarité quand ils ont appris la convocation vendredi de leur préfet pour expliquer à Paris l'augmentation de 19% des actes de délinquance en août par rapport à 2001.
"Le pays n'est pas à feu et à sang", s'empresse de rassurer un journaliste local. De fait, les chiffres restent modestes avec, selon la préfecture, 284 actes de délinquance -des "dégradations de voitures pour l'essentiel"- contre 238 en août 2001.
La Lozère, peuplée de 75.000 habitants, est pourtant désignée par le ministère de l'Intérieur comme un des mauvais élèves d'août avec quatre autres départements ruraux, que d'aucuns auraient pu croire paisibles: l'Ardèche, l'Ariège, le Cantal et la Marne. "Il ne manque que la Creuse", ricane un gendarme.
"J'ai appris que la délinquance flambait", s'étonne un magistrat de Mende qui n'a constaté que "des faits d'une banalité extrême". En 2002, il n'y a toujours pas eu de vol avec violence ni, a fortiori, de crime de sang.
L'augmentation ne saurait s'expliquer par le manque d'hommes (la Lozère est très bien lotie, selon un policier), ni le laxisme ("Ici c'est la tolérance zéro", selon un magistrat). Trois hommes ont été récemment condamnés à quatre mois ferme pour le vol de six bouteilles de champagne. En 2002, quarante personnes ont été jugées en comparution immédiate contre six en 2001.
Selon les enquêteurs, les statistiques d'août s'expliquent notamment par la résolution d'une escroquerie (25 chèques volés donc 25 procédures) et l'arrestation d'un pyromane, soupçonné de dix incendies dont un grave.
Des enquêteurs se souviennent également de vols de pots de basilic et de planches de poulaillers ou de larcins dont le préjudice s'élève à "un ou deux euros". Autant de cas qui devaient être portés vendredi à la connaissance du ministre de l'Intérieur.
A Florac, trente vols dans des voitures ont soulevé l'émoi. Mais "les gens continuent à laisser le moteur tourner quand ils vont chercher le pain", selon un policier qui ironise: "J'ai demandé ma mutation de banlieue parisienne pour être tranquille et voilà que j'apprends que la délinquance explose".
"C'est vrai que le vol de téléphone portable a connu une augmentation dramatique", concède un gendarme. Qui poursuit: "Il y a cinq ans, on n'en avait pas, puisque les communications ne passaient pas".
Un enquêteur se veut optimiste pour l'avenir lozérien: "L'an prochain, les chiffres vont baisser de 50%. Comme ça on montera à Paris se faire tresser des lauriers". La recette miracle? "On ne va plus prendre les plaintes pour les histoires de m...".
La Lozère devrait se consoler avec des statistiques exceptionnelles en matière de délinquance sexuelle (16 plaintes en 2001, aucune en 2002 soit -100%): l'agresseur présumé des seize femmes a été arrêté.
P:-)